Auteur  -  Chroniqueur de romans contemporains  -  Correcteur

Bienvenue sur le blog du chrocoteur

Photo jpmQui n’a pas rêvé d’apparaître en tête de gondole dans les librairies ou en première page des ventes sur les grands sites marchands ? Que l’auteur désintéressé, après avoir galéré pour trouver un éditeur acceptant de le publier, me jette la  première pierre !

Le problème, lorsqu’on est un auteur inconnu, c’est de se faire connaître. Une lapalissade, me direz-vous... Mais il faut admettre que sur les 5000 romans publiés chaque année, il n’y a pas de raisons qu’on s’intéresse au vôtre plutôt qu’à un autre. À moins qu’il ne s’agisse de l’œuvre du siècle, repérée par un influenceur notoire ! Mais si ce n’est pas le cas, vous allez devoir vous engager dans une longue démarche promotionnelle, si vous voulez avoir une chance de franchir le cap de la diffusion aux membres de votre famille et à vos amis, si nombreux soient-ils.

Pour être mis en avant, un ouvrage doit disposer de plusieurs qualités. La première, incontournable, concerne la rédaction qui doit être parfaite. Un texte comportant des fautes d’orthographe, de grammaire, des incohérences ou un style défaillant sera irrémédiablement rejeté. Une présentation soignée (couverture, mise en page, 4e de couverture) a elle aussi de l’importance.

Cependant, les ventes d’un livre, même très bien rédigé, ne seront propulsées que si l’attention des futurs lecteurs est attirée par des critiques flatteuses. Le rôle du chroniqueur prend ici tout son sens et c’est la raison qui m’a conduit à construire ce blog.

Mes chroniques ne portent que sur des romans contemporains, étranges mais réalistes, qui m’ont plu. Vous comprendrez, en découvrant mes écrits, qu’il s’agit de mon genre littéraire de prédilection. Et si vous écrivez vous aussi des ouvrages de ce genre et souhaitez que j’en rédige la chronique, je vous invite à me les envoyez à l’aide du formulaire de contact. Nous conviendrons ensemble des conditions de notre partenariat.  



 

  • Succès damné - Édouard Liégois

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    Succès damné est un roman original, tant sous l’aspect du fond et de la forme que du style de l’auteur.

    Il s’agit du crime raconté par un homme en prison à un journaliste d’opinion.

    Dès le début, on comprend qu’il a volé le scénario d’un film pour lequel il a usurpé les honneurs. Cependant, c’est une histoire à nombreux rebondissements, un peu comme un engrenage infernal où le héros aurait mis le pied presque par inadvertance. Il est pourtant totalement responsable de ce qui est arrivé.

    L’auteur manie le suspense avec adresse comme s’il s’agissait d’un roman policier. Mais ça n’en est pas un.

    Résumé :

    Un visiteur arrive au parloir. Il se présente comme étant un journaliste du nom de monsieur Cole. Hormis son avocat, ce mystérieux inconnu est la première personne à venir voir Jacob en prison. Ce qu’il lui propose, c’est d’enfin raconter sa version des faits. D’enfin expliquer au monde les raisons qui l’ont poussé à commettre le crime qui l’a conduit ici.

    Jacob est un jeune scénariste New-Yorkais qui souhaite réaliser son rêve : vivre de ses écrits. Après une nouvelle déception lors d’un entretien avec un producteur, il se rend compte que son travail dans un petit restaurant est bien loin de représenter la vie dont il a toujours rêvé. C’est pourtant dans ce restaurant qu’il va rencontrer la personne qui va changer son existence.
    Jusqu’où sera-t-il prêt à aller pour nourrir ses plus profondes envies ? Entre persévérance, amour et fantôme du passé, la route sera sinueuse et semée d’embûches. Sera-t-il capable d’abandonner son désir ou commettra-t-il l’impensable pour le réaliser ?

  • Cheveux aux vents - Garance Solveg

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    Elles s’étaient échappées avant qu’il soit trop tard, fuyant la destinée des femmes qui subissaient avec abnégation la violence du père, puis celle du vieil époux libidineux et arrogant auquel elles étaient promises. Elles avaient rejoint celles qui, avant elles, avaient déjà choisi de s’émanciper de la société patriarcale pour vivre entre elles, cheveux aux vents dans un monde libre.

    Comment avaient-elles pu penser que les hommes toléreraient leur attitude insoumise, affranchie, émancipée, blasphématoire ? Une nuit avait suffi pour qu’ils les détruisent. Une nuit de viols, d’incendies, de meurtres qui les avaient anéanties.

    Sept ans plus tard, Salomé n’a rien pardonné aux mâles sanguinaires qu’un parodie de procès a rétablis dans leurs droits absolus. La plaie reste béante en son cœur. C’est donc sans relâche qu’elle poursuit son combat contre les fascistes qui ont détruit son avenir. Mais comment pourrait-elle, seule, convaincre la société de rendre justice aux victimes de la nuit d’horreurs ?

    On se souvient des forêts de derricks, des plages au bord de mers de pétrole, des bidonvilles beaux comme le palais des mille et une nuits. Nous retrouvons dans le deuxième tome de Cheveux aux vents, les descriptions précises et imagées de Garance Solveg. Les personnages ont vieilli, bien sûr, mais n’ont pas vraiment changé. N’est-ce pas nous, lecteurs, qui avons pris quelques années ?

    Résumé :

    Tome 1

    Pour certaines femmes, la liberté se paye au prix du sang.

    Elles s’appellent Alma, Maïdann, Salomé. Elles sont jeunes. Belles. Pauvres.

    Dans la riche cité de Staven, elles travaillent comme petites mains pour une société pétrolière. Là, elles peuvent enfin rêver d’une vie meilleure. Une vie libérée de la domination masculine.
    Salomé, la délurée, économise pour ouvrir un jour son salon de beauté. Alma s’initie à l’art de la danse tandis que sa sœur, la sublime Maïdann, tombe éperdument amoureuse.

    Mais dans leur quartier, la colère des hommes couve : une femme ne travaille pas. Elle ne vit pas sans homme à ses côtés. Elle ne porte pas de pantalons, cache sa chevelure sous un chapeau noir. Les tensions montent peu à peu, attisées par l’inquiétant Seht. Nos héroïnes sauront-elles survivre à la terrible menace qui les guette ?

    Tradition et modernité, désir et frustration, amour et haine s’affrontent dans un engrenage fatal.
    Jusqu’à un dénouement qui défie l’entendement.

    Tome 2

    Sept ans ont passé depuis le lynchage des femmes de Staven. Salomé n’a rien oublié, rien pardonné. Épaulée par Sorani et Shayn, ses avocats, elle s’est juré d’obtenir la condamnation de ses agresseurs. Elle s’apprête à témoigner contre eux. Seule.

    Les autres femmes ont renoncé, rejetées par leurs propres familles, terrorisées par les menaces de représailles. Alma elle-même a tourné le dos à un passé innommable et ne vit plus que dans l’ombre de son mari. La loi du silence règne à Staven et le redoutable Seht, devenu l’homme de pouvoir de la ville, bénéficie de mystérieuses protections.

    À la veille du procès, le combat paraît perdu d’avance… Mais celles que l’on croit brisées pourraient bien faire preuve d’une force insoupçonnée.

    Descente aux enfers puis renaissance, le deuxième volet de Cheveux aux vents est un livre bouleversant sur l’amour et la mort, la justice et la vengeance, la déchéance et la rédemption.

  • Le mercenaire - Pierre Crozat

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    Pas de chance pour les enseignants expatriés au Caire. Ils sont à la merci de Nour et Mustapha, propriétaires exploiteurs d’un lycée français, qui confondent Honoré de Balzac et Gustave Flaubert. Ont-ils seulement conscience de l’histoire qui se joue dans leur pays depuis l’avènement de Moubarak en 2011 ?

    Paul Maubert, professeur d’histoire et de géographie possède quant à lui une forte culture qu’il rêve de partager avec ses collègues et transmettre à des lycéens passionnés. Cependant, malgré l’engagement pris par ses employeurs, c’est aux élèves de primaire qu’il devra enseigner le français et les mathématiques. Tout au moins la première année.

    Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, Paul va néanmoins profiter de son temps libre pour s’imprégner de l’Égypte, en compagnie d’Anastasia, dont le charme slave l’a conquis, et qui ne semble pas lui être indifférente.

    À travers cette tranche de vie de son anti-héros, Pierre Crozat brosse un portrait de l’Égypte actuelle, en s’appuyant sur ses connaissances précises de l’évolution de la situation géopolitique du Proche et du Moyen-Orient.

    Résumé :

    Paul, après bien des péripéties professionnelles et des aventures piquantes et picaresques, arrive au Caire à l’automne 2012 pour une énième prise de poste en tant que professeur d’histoire-géographie. Nous sommes à la veille des grandes manifestations anti Morsi préfigurant le coup d’État du maréchal Al Sissi six mois plus tard. Plein d’optimisme et d’enthousiasme, il espère que ce travail sera le bon et que Le Caire sera le point de départ de la nouvelle vie à laquelle il aspire ardemment.

  • Souffle ma flamme - Florent Lucéa

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    « Souffle ma flamme » apparaît au début comme une farce. Les personnages hauts en couleur, dignes descendants de la Commedia dell’arte, rhabillés à la mode de Jean-Baptiste Poquelin, nous conduisent au cœur d’une intrigue qui, malgré la gravité du thème, a le don de nous distraire.

    Très habile, cette façon qu’a Florent Lucéa de nous faire prendre conscience de l’indifférence générale face à la violence conjugale et familiale. Pédagogie de l’humour... Cependant, ne croyez pas que le sujet soit traité avec légèreté. Tout est organisé pour sensibiliser les spectateurs à ce fléau sociétal.

    J’espère sincèrement que cette magnifique et pédagogique pièce de théâtre connaîtra sur les planches l’immense succès qu’elle mérite.

    Bravo !

    Résumé :

    Souffle ma flamme, pièce en un acte, se déroule dans un pays imaginaire et pourtant si proche du nôtre par bien des aspects. En Francie, les femmes ont maille à partir avec leurs hommes. La tendre Colombine ne déroge pas à la règle. Son mari, Sganarelle, un fripon de la pire espèce, est adepte de la violence facile. Leur fille, Lucinde, son amoureux, Léandre, et leur amie, Honoride, tenteront de sauver Colombine de cette situation épineuse, mais Sganarelle peut compter sur de hautes sphères gangrénées par la concupiscence, l’avidité et la bêtise pour lui offrir le loisir de tourmenter sa femme.
    Qu’adviendra-t-il de notre aimable Colombine ?

    Comment une pièce de théâtre qui se joue des codes de la commedia dell’arte et des espiègleries de Molière tout en les télescopant avec le monde moderne peut-elle donner un éclairage atypique au fléau des violences faites aux femmes ?

    Riez, vibrez, étonnez-vous, tremblez, mais surtout ouvrez vos écoutilles et vos cœurs pour que les flammes-femmes ne soient plus soufflées par des conjoints décadents ! Pièce de théâtre avec 10 personnages – durée : 80 minutes

     

  • L'an 2222 - Alain Thibodeau

    Couv l an 2222

    Alain Thibodeau ne serait-il pas un descendant direct de Barjavel ? J’avoue me le demander en lisant son superbe roman L’an 2222.

    Car c’est un roman de science-fiction au sens réel du terme. On imagine allègrement la vie au XXIIIe siècle, telle qu’elle y est décrite par l’auteur. Les progrès scientifiques et techniques sont plausibles, autant que l’évolution de la société.

    Ne peut-on admettre que l’organisation soit devenue matriarcale, face à l’impuissance des hommes à gérer correctement le monde, au niveau économique comme au niveau politique ?

    Il paraît logique également que soient pris en compte les choix d’identité des individus. Les mœurs ont évolué : les adolescents peuvent aujourd’hui choisir leur sexe afin d’acquérir le genre correspondant à leur nature profonde. C’est le cas de Jude qui va suivre un traitement complet pour devenir une nouvelle personne, à la physiologie et au fonctionnement parfaitement féminin.

    Certaines éminentes spécialistes veulent aller plus loin, bien sûr. Mais jusqu’où peut-on laisser s’exprimer la recherche médicale ? A-t-on le droit de franchir tous les obstacles, sous prétexte qu’ils semblent s’opposer à l’exercice de la liberté individuelle ?

    Déontologiquement, la société n’est pas prête à tout accepter, notamment en ce qui concerne la procréation.  Le débat est ouvert.

    Résumé :

    Jude Bellerose vient de recevoir une première injection de bloqueur de puberté en vue de devenir une femme quand l’hôpital lui fait une offre qui changera bien plus que son genre. L’histoire de Jude, puis de Judith, se déroule dans un monde préoccupé par la menace d’une migration forcée en Antarctique à cause du réchauffement de la planète ; un monde aussi où les femmes ont pris une place prépondérante sur les hommes. Mais il y a une exception : le redoutable Clermont Demers continue de sévir; et Judith se demandera bientôt si ce caïd surpuissant ne s’est pas mêlé de son destin bien au-delà des apparences. C’est une histoire intrigante qui conduit tout droit le lecteur ou la lectrice à un dénouement qui lui fera voir des étoiles.

  • Sauver ou périr - Séverine Vialon

    Couv sauver ou perir

    Le Capitaine Chantal Thébault, est la patronne de la gendarmerie.

    Quand on vous dit « C’est la patronne ! », pas question de remettre en cause son autorité. Vous êtes priés de frapper avant d’entrer dans son bureau.

    Nico, son bras droit, Didier, un autre de ses lieutenants et Pierre, l’informaticien auquel on a greffé son portable n’ont pas été habitués à ça avec leur ancien chef, mais il va bien falloir qu’ils s’y fassent.

    Les méthodes de Chantal étonnent. Alternant coups de gueule et humour, elle est dynamique, pour ne pas dire fougueuse, mais n’en demeure pas moins humaine. Ses décisions sont le plus souvent le fruit de larges discussions tenues dans la grande salle, avec tous les membres de son équipe, même les stagiaires !

    Alors, quand survient un crime, puis d’autres dont la ressemblance au premier laissent à penser qu’il s’agit de meurtres d’un tueur en série, c’est toute la gendarmerie qui se sent concernée et s’investit dans l’enquête. La traque s’organise. Il n’est pas question de laisser l’assassin faire d’autres victimes. Tout le monde doit être sur le pont. Chantal la première, quitte à laisser son mari instituteur passer seul de longues soirées à l’attendre, au risque de scènes de ménage...

    Résumé :

    Retrouvez le capitaine Thébault dans une nouvelle enquête.
    Chantal Thébault, capitaine à la gendarmerie de Châteaudun, est appelée sur une scène de crime. Le lieu de la découverte du corps ne fait aucun doute quant au coupable présumé. Une affaire pliée d’avance. Elle va vite déchanter quand un nouveau corps est retrouvé à des kilomètres de là.
    Alors que l’incendie couve dans son couple, un foyer de suspects se déclare, obligeant Chantal à mener ses deux combats de front.
    Dans cette enquête à double tranchant, Chantal parviendra-t-elle à se sortir la tête de l’eau ?
    Des suspects qui la font tourner en bourrique, une vie de couple pas toujours facile... De multiples rebondissements à vous rendre fous !

  • Par effraction - V. Margy

    Couv par effraction

    C’est derrière la lettre V que se cache l’auteure de cette très belle autobiographie.

    Comme Violence ? V comme Vérité ? Comme Vincent ? Ce n’est pas humain de nous cacher votre réelle identité quand nous voudrions tant vous connaître. À défaut de savoir votre prénom, me permettrez-vous de vous appeler Margy ?

    Tout est beau dans ce livre. L’amour complice et unique qui la lie à son frère (elle est la seule à pouvoir communiquer vraiment avec lui). L’amour qu’elle porte à son père, malgré le gouffre qu’il a laissé dans son cœur. L’amour blessé qui l’attache à sa mère quand cette dernière ne parvient pas à s’extraire de son présent maudit. L’amour inconditionnel qu’elle éprouve, petite souris, pour sa mamie toujours présente. L’amour-passion qu’elle partage avec Angélique et qui lui redonne enfin goût à la vie.

    Belle aussi est la souffrance, si honnêtement exprimée, même si la mettre en mot a dû être douloureux, insupportable parfois. C’est avec des phrases sobres, justes, percutantes que Margy nous dépeint son quotidien déchiré, comme par petites touches de couleurs, dignes de Van Gogh et pleines de compassion pour son oreille sacrifiée, anagramme de scarifiée...

    Pourquoi vous dirais-je que j’ai aimé ce livre ?  Il m’a bouleversé tant il est vrai. Comme un poème de Verlaine ou l’Arrache-cœur de Boris Vian.

    Résumé : 

    Allers et retours d’un monde à l’autre, sans que l’eau la plus trouble ne vienne souiller la plus limpide. De commodes tiroirs dans mon cerveau : un, pour les souvenirs heureux de mon enfance ; un, pour ce père dont je ne suis plus digne ; un, pour ma maman d’avant ; un, pour ma fragile maman d’aujourd’hui ; un, pour ma courageuse mamie ; un, pour mon petit frère adoré, tous trois, martyrisés par un monstre ! Tiroirs refermés. Dans notre entrée, sur le dessus de la console : clef de voiture, bulletin de paye, badge de pointage, montre, factures et mots doux d’Angélique. Je suis terriblement malheureuse et pourtant il me faut prioriser, penser à ma vie, à mon couple, à mon nouveau travail. Une vie sans dépression, sans alcool, sans médicaments, sans automutilation, mais aussi sans parachute.

    J’ouvre la portière, un large sourire se dessine sur le visage de ma grand-mère. Griffon tout en remuant la queue, promène fièrement Mamie. Ils sont fous de joie, moi aussi !

    Depuis presque toujours, le fauteuil roulant est un objet familier de notre quotidien. Il est avant tout Henri. Ce n’est pas un jouet. S’y asseoir est une forme de mépris envers toutes les personnes atteintes de handicap. Grâce à l’insistance de mamie, ce jour-là est gravé, il symbolise notre amour, notre complicité. Quelques années de haine révolues pour mieux nous comprendre et nous aimer !

    un trait au pinceau qui appuie sur les différentes couleurs de l'affect, de la douleur.

  • A mon grand regret - Pascale Savin

    Couv a mon grand regret

    Chaque humain est un acteur au théâtre de l’Histoire

    L’Histoire n’est pas composée que de grands événements survenus à des personnages illustres. Dans notre mémoire, il y a l’empreinte de gens que nous n’avons pas connus mais que nos parents nous ont racontés. Nous avons vu briller dans leurs yeux la présence vivante de souvenirs partagés et ils nous ont émus.

    C’est exactement la sensation que j’ai éprouvée en lisant le beau témoignage que nous livre Pascale Savin. Par une recherche approfondie, elle a redonné la vie au docteur Marc Grunberg, un homme qui n’était plus qu’un nom sur un monument au mort. Non pas de la façon habituelle qui impose le respect d’un deuil collectif, mais en donnant l’impression que ce médecin était un de ses aïeux.

    La gentillesse, le charisme, l’honnêteté et les qualités professionnelles de ce médecin de campagne auraient sans doute, en d’autres temps, permis à cet homme bon de finir ses jours paisiblement au milieu des gens qu’il aimait, dans le village où il avait choisi de vivre. C’était sans compter sur l’Histoire qui allait s’abattre sur son sort : le corps médical soudain fermé aux étrangers, alors qu’il aurait dû être protégé par une convention internationale ; l’évolution de la législation française sur les naturalisations ; l’acharnement d’une coalition barbare sur la population juive.

    À mon grand regret, dirai-je à mon tour, nous perdons la trace des hommes et des femmes de tous les jours que nous avons côtoyés, nous les oublions. Merci à Pascale Savin de nous rappeler qu’aucune vie n’est ordinaire. Son travail n’est pas la simple biographie d’une historienne, c’est celui d’une femme passionnée de relations humaines.

    Résumé :

    Au pied du monument aux morts de Morteaux-Couliboeuf (Calvados) une plaque de onze noms rend hommage à ceux disparus entre 1939 et 1945. Parmi eux, deux déportés dont Marc Grunberg. C’est aujourd’hui la seule trace de cet homme qui a été le médecin du village durant quatre ans (1938-1942) et rien pour indiquer la particularité de son parcours. Marc Grunberg est juif roumain. Il naît sur les bords de la mer Noire en 1906, fait ses études à Strasbourg puis s’installe en Normandie. En 1942, il est arrêté comme otage à la suite du sabotage d’un train allemand. C’est dans un des rares convois de répression qu’il part pour Auschwitz dont il ne revient pas. Marc Grunberg a toujours aimé la France. Il a appris notre langue, il a choisi d’y vivre et il a espéré obtenir la nationalité française. Vaine illusion. Son parcours est celui d’un juif étranger qui malgré tous ses efforts pour s’intégrer se heurte sans cesse à une fin de non-recevoir. Ce livre reconstitue et éclaire son histoire. Marc Grunberg a désormais un visage. Mais il est maintenant plus qu’un nom sur un monument aux morts.
    Pascale Savin est professeur d’histoire. En 2011, un projet pédagogique l’amène à découvrir le nom de Marc Grunberg. A partir de cet instant, elle se lance dans une enquête personnelle sur cet homme qui lui permet aujourd’hui de présenter cette biographie